Rennes: l’ambition à marée basse

04/02/2017

Les ventes de Ntep et Grosicki cet hiver semblent sonner la fin des ambitions rennaises pour cette saison, une situation mal acceptée par ses supporters, d’autant que, sur le terrain non plus, les rouge et noir ne font plus rêver.

“Si on termine dans la première moitié du classement, il n’y aura pas de déception. Mais si on finit quatorzième, non plus”.

Cette simple phrase prononcée mercredi par le président René Ruello, dans un entretien à Ouest-France, a mis le microcosme rennais, notamment sur les réseaux sociaux, en émoi.

Une phrase d’autant plus malheureuse que quelques heures plus tard, une équipe A’ des Bretons se faisait sortir de la Coupe de France par le Paris SG, sur un score de 0-4 qui semblait presque flatteur, vu la prestation livrée.

Le Roazhon Park, qui en a pourtant vu d’autres, n’a pas manqué de faire savoir le fond de sa pensée à coup de “Ruello, démission !” et de bronca finale.

Être supporter rennais n’a jamais été une sinécure, tant ce club semble abonné, depuis des années, aux espoirs déçus, mais ils ne sont pourtant toujours pas insensibilisés.

Ruello avait raison de dire, dans la même interview “vous ne m’avez jamais entendu dire qu’on allait jouer les premiers rôles cette saison”.

Lui et l’entraîneur Christian Gourcuff ont toujours refusé de parler d’objectifs pour cette n-ième saison “de transition”.

“Parler d’objectifs c’est de la +com+ et moi je ne fais pas beaucoup de +com+, en tout cas pas celle-là”, avait déclaré Gourcuff lors de sa présentation.

Recrue-phare de l’été rennais, l’ex-entraîneur de Lorient avait pour principale mission de doter l’équipe d’une vrai identité de jeu, mais là aussi, le bilan n’est pas totalement satisfaisant.

Début décembre pourtant, toutes les raisons d’être optimistes étaient réunies.

Après avoir battu Saint-Étienne 2 à 0, un match au cours duquel Paul-Georges Ntep avait retrouvé le chemin des filets après plus d’un an d’abstinence, les Bretons étaient 4e avec 27 points et leur jeu, quoique encore perfectible, semblait se mettre en place.

– “Réalités économiques” –

Mais après une défaite imméritée à Lyon (1-0) la semaine suivante, les 8e de finale de la Coupe de la Ligue ont marqué une vraie cassure dans la dynamique rennaise.

Fidèle à son habitude de ne pas jouer les coupes à fond, Gourcuff a envoyé une équipe B au casse-pipe à Monaco, pour un cinglant 7-0, auquel a immédiatement succédé la première défaite à domicile de la saison face à Bastia (1-2), trois jours plus tard.

Depuis la trêve, Rennes a perdu à domicile, déjà contre Paris (0-1), avant de signer deux nuls très heureux contre Guingamp et Nantes (1-1), qui l’ont fait retomber à la 9e place, avec 30 points.

Une situation pas si confortable que ça, d’autant qu’il est sorti affaibli du mercato hivernal.

Les départs de joueurs placardisés mais à gros salaires, comme Habib Habibou à Lens et Christian Brüls, entraient dans une logique d’allègement de la masse salariale compréhensible pour un club qui reste sur plusieurs exercices nettement déficitaires.

Ceux de Paul-Georges Ntep à Wolfsburg ou de Kamil Grosicki à Hull City ont été plus mal compris, mais à tort, estime le club.

“Les deux départs étaient une obligation parce qu’il y a des réalités économiques”, a souligné Christian Gourcuff, vendredi.

Sportivement, les signatures de l’international congolais Firmin Mubele et de l’ex-Lillois et marseillais Morgan Amalfitano ne compensent pas totalement ces pertes.

“On n’est pas, comme on peut l’entendre, en crise. Peut-être en crise de résultats, parce que ça fait un moment qu’on n’a pas gagné”, a concédé l’entraîneur.

Avec deux déplacements à Bordeaux, puis Angers, avant de recevoir Nice, Rennes va devoir rapidement réenclencher la marche avant s’il veut respecter les objectifs a minima de son président.